Entre Citadelles et Oriflamme, Magnum Opus est bien plus un jeu d’influence fourbe que le jeu de gestion ou de collecte de ressources que son thème très joliment illustré par Arnaud Demaegd pouvait faire attendre. S’il faut bien réunir des composants pour réaliser un grand oeuvre dans les deux hauts lieux de l’ésotérisme pragois que seraient la ruelle d’or et l’horloge astronomique, on ne peut guère y accéder qu’en s’arrogeant de façon bien plus abstraite les faveurs d’une personnalité, tant pour avoir l’argent indispensable à ces emplettes que pour se rendre dans ces deux marchés… et mettre des bâtons dans les roues des alchimistes rivaux.
C’est qu’une personnalité ne peut naturellement accorder son attention qu’à un seul alchimiste, celui qui aura assez habilement drafté pour faire plus appel à elle que les autres, de sorte qu’il faudra à chaque manche redoubler d’astuce et d’agressivité pour tenter d’avoir plus de cartes les représentant… ou de réduire les piles de ses adversaires. Aussi faut-il constamment s’adapter à chaque personnalité invoquée, afin de la contrecarrer ou de consolider nos plans plus qu’on ne l’avait désiré initialement, dans une phase assez formidable d’attention au jeu des autres.
En cela, la possession initiale par chacun d’un deck identique qu’il fera tourner et le deck Ouroboros, qui ajoute une pointe d’asymétrie au jeu sans en bouleverser l’équilibre avec l’accès à un deck complet supplémentaire, sont tout à fait bien imaginées pour apporter une nouvelle tension et fraîcheur à un draft étonnant d’équilibre entre rigueur et pointe de folie.
L'intégralité de la critique de Magnum Opus est lisible sur VonGuru : https://vonguru.fr/2020/04/05/magnum-opus-draft-dinfluences-dans-la-guerre-des-alchimistes-pragois/