Principalement connue pour ses cartes de baseball, Topps est une entreprise américaine spécialisée dans les cartes à collectionner. La marque débarque en France ! L'occasion d'en apprendre davantage sur ce pilier de la carte à collectionner à travers 10 anecdotes croustillantes pour briller en société… tout comme vos cartes.
Fondée en 1938 par quatre frères (les frères Shorin), Topps était à l'origine un fabricant de chewing-gum. Pour booster les ventes de son produit phare, le chewing-gum Bazooka, l'entreprise a eu l'idée de glisser une carte à collectionner dans chaque paquet. Le succès a été immédiat : les enfants achetaient avant tout les paquets pour les cartes, reléguant rapidement le chewing-gum au second plan.
Avec le succès grandissant des cartes à collectionner, le chewing-gum a fini par disparaître des paquets. La raison est simple : il abîmait les cartes. Pendant des décennies, celles-ci étaient glissées contre un morceau de chewing-gum, dont le sucre pouvait les tacher et réduire leur valeur aux yeux des collectionneurs. Face à leurs plaintes, Topps a finalement retiré le chewing-gum de ses paquets en 1992. Après plusieurs décennies de bons et loyaux services, il a donc tiré sa révérence… à l’exception des éditions rétro Heritage qui perpétuent cette tradition.
En 1960, Topps croulait sous les invendus de sa collection de baseball de 1952. Sy Berger, figure emblématique de l'entreprise, prit alors une décision radicale : se débarrasser des stocks en les jetant dans l'océan Atlantique, au large du New Jersey. Parmi les milliers de cartes déversées se trouvaient des exemplaires de la mythique Mickey Mantle de 1952, aujourd'hui considérée comme le Graal des collectionneurs. L'une de ces cartes s'est vendue 12,6 millions de dollars en 2022, devenant à l’époque, la carte de sport la plus chère de l’histoire.
Considéré comme le père de la carte de baseball moderne, Sy Berger a profondément marqué l'histoire de Topps. Pour la première collection de cartes de baseball de la marque, en 1952, il imagine un format inédit : au recto, le nom du joueur, sa photo, une reproduction de sa signature ainsi que le nom et le logo de son équipe ; au verso, sa taille, son poids, ses statistiques et une courte biographie. Un design révolutionnaire pour l'époque… et dont les grands principes sont encore utilisés aujourd'hui. Le plus incroyable ? Ce modèle devenu mythique a été imaginé sur la table de cuisine de l'appartement de Sy Berger, à Brooklyn.
En 1964, alors que la Beatlemania déferle sur le monde, Topps souhaite obtenir les droits pour produire des cartes à l'effigie des Beatles et surfer sur ce phénomène planétaire. Réputé pour ses talents de négociateur, Sy Berger est envoyé à Londres par les frères Shorin pour rencontrer Brian Epstein, le manager du groupe. Berger se présenta sans rendez-vous. Pour briser la glace, il aurait alors engagé la conversation avec Epstein en yiddish. Une approche aussi inattendue qu'audacieuse, qui permit finalement à Topps de décrocher le précieux contrat.
Bien que très concurrentiel, le marché de la carte de baseball a été largement dominé par Topps pendant près de trois décennies. Dès son arrivée sur le marché, au début des années 1950, l'entreprise se livra une guerre sans merci avec son principal rival, Bowman, pour obtenir les contrats des meilleurs joueurs et proposer les cartes les plus attractives aux collectionneurs. En 1956, Topps rachèta finalement Bowman et s'imposa comme l'acteur incontournable du secteur. Il faudra attendre 1980 et un procès historique pour mettre fin à cette position dominante, ouvrant la voie au retour de la concurrence avec des sociétés comme Fleer et Donruss.
En 2007, Topps a édité une surprenante variante de la carte de Derek Jeter dans laquelle se cachent deux invités surprises : Mickey Mantle, debout dans l'abri des joueurs, et George W. Bush, en train de traverser les tribunes. Bien que ce photomontage n'ait jamais été annoncé officiellement par la marque, cette carte est rapidement devenue l'une des curiosités les plus recherchées des collectionneurs.
Si les cartes de sport restent le produit emblématique de Topps, la marque a également marqué la pop culture avec plusieurs créations devenues cultes, à commencer par les mythiques Garbage Pail Kids, connus en France sous le nom des Crados. Lancée en 1985, cette célèbre gamme met en scène des enfants répugnants et délirants, parodiant les célèbres poupées Cabbage Patch Kids. Le concept rencontra un succès mondial, au point d'inspirer un film et de demeurer, près de quarante ans plus tard, une licence toujours aussi culte.
Avant de remporter le prix Pulitzer en 1992 pour sa bande dessinée Maus, Art Spiegelman a travaillé pendant plus de vingt ans chez Topps. Entré dans l'entreprise alors qu'il était encore adolescent, l'auteur et illustrateur y côtoya de nombreux artistes de la bande dessinée underground et participa à plusieurs créations emblématiques de la marque, notamment les Wacky Packages. Cette série de cartes à collectionner humoristiques détournait les grandes marques de produits de consommation à travers des parodies décalées.
En 2021, alors que Topps préparait son introduction en Bourse, l'entreprise perdit les droits exclusifs de la MLB, la ligue majeure de baseball américaine, au profit de son concurrent Fanatics. La perte de cette licence stratégique précipita l'abandon du projet d'introduction en Bourse. Quelques mois plus tard, retournement de situation : Fanatics décida finalement de racheter Topps pour environ 500 millions de dollars. De concurrent à allié, il n'y a qu'un pas !