Air-Gaming

Air-Gaming est un blog indépendant dédié aux jeux sous toutes leurs formes... Rédigé avec passion et sincérité, le site propose tests, dossiers et coups de cœur, avec un ton humain, parfois piquant, souvent amusé.

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Ses avis produits

1/5
1/5

Noob dans l'espace m’a été présenté comme un jeu « sans règles ». Forcément, ça intrigue. Sur la boîte, on nous annonce un jeu coopératif en huit parties de quinze minutes, avec une ambiance spatiale et une progression par missions. Très bien, lançons-nous.

Le tutoriel commence plutôt bien : il explique comment mettre en place le jeu, quelles cartes prendre, comment les répartir entre les joueurs. C’est clair, fluide, agréable. Mais très vite, on comprend que le fameux jeu sans règles n’en est pas vraiment un : les règles sont simplement écrites au fur et à mesure sur les cartes mission. On vous dit quoi chercher, quoi comparer, quoi poser sur la table, puis on vérifie dans la notice si vous aviez bon.

Sur le principe, pourquoi pas. Le problème, c’est que Noob répète cette mécanique pendant huit missions. Les leviers reviennent, les boutons reviennent, les écrans reviennent. Certaines cartes servent même plusieurs fois. On fait parfois un calcul, parfois un peu de logique, mais l’ensemble donne vite l’impression de tourner en rond.

La coopération, elle aussi, reste limitée. Souvent, un joueur comprend la mécanique et explique aux autres quoi faire. On est loin d’une vraie discussion collective ou d’une aventure partagée.

Et surtout, le thème spatial ne décolle jamais. On parle de fusée, de batterie, de commandes, mais les cartes ne racontent pas grand-chose. On aurait aimé construire, réparer ou piloter quelque chose de plus concret.

Au final, Noob dans l'espace ressemble à un Unlock paresseux, sans vraie narration ni surprise. Une grosse déception, que je déconseille fortement.

5/5
5/5

Kosmopoli:t : le jeu coopératif qui met votre équipe en plein coup de feu
J’ai toujours rêvé de gérer un restaurant. Pas forcément pour cuisiner, mais pour retrouver cette énergie si particulière d’un service : les commandes qui s’enchaînent, la cuisine qui s’agite, la salle qui doit suivre et toute une équipe qui tente de garder la tête froide. C’est exactement ce que propose Kosmopoli:t, un jeu coopératif aussi original qu’hilarant, D'ailleurs Fun Fact c'est aussi un Johan qui me l'a conseillé.

Le principe est brillant. Dans Kosmopoli:t, les joueurs incarnent une brigade composée de cuisiniers, d’un maître d’hôtel et d’une serveuse. Cette dernière, munie d’une application et d’écouteurs, entend les commandes des clients dans différentes langues et doit les répéter au reste de l’équipe. Le problème, c’est que les sons entendus sont parfois très difficiles à prononcer… et encore plus à comprendre. Le maître d’hôtel tente alors de noter le bon plat et de transmettre l’information à la cuisine, qui doit retrouver la recette et les bons ingrédients parmi ses cartes.

Dit comme ça, cela peut sembler simple, mais en pleine partie, tout devient délicieusement chaotique. Les répétitions s’enchaînent, les sons sont déformés, la cuisine doute, le maître d’hôtel panique, et toute l’équipe finit par courir après le temps. Car oui, Kosmopoli:t se joue sous pression, avec des niveaux courts d’environ six minutes. Plus on progresse, plus les commandes se multiplient, et plus l’ambiance devient folle.

Ce qui fait la force du jeu, c’est qu’il transforme immédiatement la tension en fous rires. On se trompe, on improvise, on se moque gentiment les uns des autres, et tout cela crée une ambiance de table absolument savoureuse. Le seul vrai regret concerne l’application, indispensable pour jouer, et dont la pérennité pose forcément question. Mais malgré cela, Kosmopoli:t reste pour moi une excellente découverte, originale, drôle et parfaite pour finir une soirée entre amis.

5/5
5/5

Là où Hollywood 1947 réussit particulièrement bien son pari, c’est dans la manière dont son thème prend vie autour de la table. Le monde du cinéma est familier à tout le monde : scénariste, réalisateur, acteur, producteur… Ces métiers évoquent immédiatement quelque chose, et cela facilite énormément l’immersion.

Très vite, la partie ne se limite plus aux cartes et aux dés. Elle devient une sorte de petite réunion de production improvisée où chacun défend sa vision du film en cours. On discute, on argumente, on critique une scène, on propose des modifications… et surtout, on essaie de convaincre les autres.

Lors de ma partie, je me suis par exemple retrouvé dans la peau d’un scénariste particulièrement convaincant. À un moment donné, je me suis tourné vers les autres joueurs en déclarant avec aplomb :

« Désolé, mais en tant que scénariste, cette scène ne passera jamais. On va devoir la réécrire… et ajouter quelque chose de beaucoup plus patriotique. »

Un discours parfaitement crédible dans le contexte d’Hollywood… sauf qu’en réalité, j’étais communiste.

Et c’est précisément là que le jeu devient vraiment savoureux. Le bluff ne passe plus seulement par les cartes que l’on pose face cachée, mais aussi par la manière dont on raconte l’histoire autour de la table. En incarnant votre rôle avec suffisamment de conviction, vous pouvez orienter les discussions, semer le doute ou rassurer les autres joueurs… même si vous êtes en train de les manipuler.

Si votre groupe accepte de jouer le jeu et de rentrer dans cette petite comédie collective, Hollywood 1947 prend une toute autre dimension. Les discussions deviennent plus animées, les accusations fusent, et chaque phrase peut influencer la suite de la partie.

À l’inverse, si les joueurs se contentent d’appliquer les règles de manière très mécanique, le jeu restera un bon jeu de vote et de déduction… mais il perdra une partie de ce qui fait tout son charme.

5/5
5/5

Bristol 1350 : fuir la peste… ou la propager
Après une partie de Hollywood 1947, j’ai eu envie de rester dans l’univers des Dark Cities de Facade Games, localisés en France par Lucky Duck Games. Mon choix s’est donc porté sur Bristol 1350, un jeu de bluff et de suspicion situé en pleine épidémie de peste noire.

Comme les autres titres de la gamme, le jeu se présente sous forme de boîte-livre, un format élégant qui s’intègre parfaitement dans une bibliothèque.

Dans Bristol, la peste ravage la ville et les habitants tentent de fuir vers la campagne. Trois chariots quittent la cité, mais seul le premier à sortir survivra. Problème : personne ne sait vraiment qui est contaminé.

Chaque chariot peut accueillir trois passagers, ce qui permet de jouer jusqu’à neuf joueurs pour des parties d’environ 20 à 40 minutes. Les joueurs accumulent des cartes symptômes — fièvre, frissons, toux ou pustules — dont la valeur peut finir par révéler une terrible vérité : si leur total atteint 6 ou plus, le joueur devient contaminé… définitivement.

Les objectifs divergent alors. Les joueurs sains doivent quitter la ville dans le premier chariot sans infecté à bord, tandis que les contaminés tentent au contraire de faire en sorte que tous les chariots quittent la ville avec un malade, condamnant ainsi tout le monde.

Le jeu fonctionne particulièrement bien grâce à son côté chacun pour soi : on peut changer de chariot, ralentir la course ou même éjecter quelqu’un pour sauver sa peau. Et quand un joueur est contaminé, il n’a souvent plus qu’une envie : saboter tout le monde.

Lors de mes parties, la paranoïa autour de la table était constante, chacun soupçonnant son voisin d’être infecté.

Au final, Bristol 1350 est un jeu rapide, accessible et très efficace pour les amateurs de bluff et de coups bas… surtout quand quelqu’un commence à tousser autour de la table. ?

4/5
4/5

Kavango est un jeu à points de victoire, sur le thème d’une réserve animalière en Afrique. Le matériel se veut écoresponsable, et les quelques commentaires dans les règles situent les enjeux réels d’une réserve.

Ceci étant dit, le jeu est annoncé durer 40 à 60 min : c’est moins que ce qu’il m’a fallu pour préparer la première partie : du matériel à installer, et des règles pas intuitives pour lesquelles il manque des points d’appel d’apprentissage pédagogique. Le système est cependant simple, et facile à apprendre aux nouveaux joueurs (si quelqu’un les connait déjà). Il manque un système fournit de décompte des tours (3 rounds de chacun 10 tours, on s’y perd !)

Le mode facile permet une vraie découverte sympathique du jeu, éducative, et doit être possible pour des enfants assez jeunes qui se régaleront à sélectionner des animaux pour leur réserve. Mettre en place un écosystème (des ressources) et des niveaux de protection de la réserve en investissant de l’argent (habitat, braconnage et climatique), ce qui va permettre d’incorporer des animaux dont les prérequis sont satisfaits dans sa réserve. Tout ça en mode distribution de carte en début de chaque round, dont on en choisit une à chaque tour, puis, c’est mode draft !

Une fois toutes les règles intégrées, le jeu reste un jeu compétitif light, dans le sens où chacun gère sa réserve avec ses propres choix dont peu d’entre eux seront guidé par l’adversité.

Au total, passé la longueur de la première prise en main (je conseille d’aller voir le « how to play » sur le site de l’éditeur, en anglais), le jeu, plutôt familial, est beau, agréable, fluide et fonctionne bien. Sa richesse doit permettre une re jouabilité correcte. Le public cible reste des joueurs occasionnels.

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