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[ITW] Damien Coltice : "Je voulais tout faire seul. C'était une envie forte, presque un besoin"

Interview Damien Coltice pour son jeu de rôle Zombiology
Le Barbu du jeu de rôle
Le Barbu du jeu de rôle
Mis à jour le  22/12/2025
#article

Damien Coltice roule sa bosse dans le jeu de rôle depuis plus de deux décennies (malgré son jeune âge). Après avoir travaillé dans l'édition, le rôliste s'est lancé sur les réseaux sociaux et développe actuellement son projet le plus ambitieux : Zombiology. Nous avons échangé avec le néoauteur qui s'est prêté au jeu des questions et nous a livré les coulisses de son jeu qui s'apprête à voir le jour. Voici l'interview !


Salut Damien, peux-tu nous donner ton pedigree de rôliste ?


Damien : Hello ! Eh bien j'ai commencé en faisant des illustrations pour Earthdawn, mon jeu de rôle favori qui était passé chez un tout petit éditeur. C'était au début des années 2000. J'ai eu la chance ensuite de croiser un éditeur qui était en train de se lancer et j'ai passé 18 ans à ses côtés. En janvier 2023, j'ai lancé une nouvelle aventure en solo, avec d'un côté une chaîne YouTube et Twitch sur la création de jeux de rôle, et de l'autre l'édition de mes jeux de rôle. 



Quel est ton premier souvenir de rôliste ?


Damien : Mon premier souvenir de jeu de rôle n'est pas clair. J'étais tout petit, vers mes 8-9 ans. Mon frère et des amis, tous plus âgés, m'ont fait jouer à L'Œil noir. J'étais là, mais je n'ai rien compris. Mon seul souvenir, c'est le visuel du logo... et l'intuition que j'ai joué un nain guerrier. En revanche, mon frère m'a fait rejouer au jeu de rôle par la suite, c'était à Hawkmoon, j'avais 10 ans. Cette fois, ça a été pour moi l'ouverture en grand des portes de l'imaginaire : le jeu de rôle est devenu une priorité de ma vie dès ce jour-là. 



Peux-tu nous en dire plus sur ta chaîne YouTube ? 


Damien : Oui. Ma chaîne Rôliskatonic diffuse en live (puis en replay) deux fois par semaine, le mardi et le jeudi entre 12h30 et 13h30. Le mardi, je décortique un jeu de rôle par mois, le plus souvent en quatre vidéos pour parler du système de jeu, du worldbuilding, de la production (l'objet physique, sa maquette, ses illustrations, la structuration du texte, etc.) et pour faire mon bilan en fin d'étape. Le jeudi, je reçois les créatrices et les créateurs de JdR pour parler de leurs parcours, de leurs processus de travail, etc. J'ai également fait une série de 20 vidéos d'une heure (!) sur toutes les étapes de création et de publication d'un jeu de rôle, depuis la direction éditoriale jusqu'à la fabrication en passant par la direction artistique, la maquette, la relecture, etc. C'est une chaîne pour les grands passionnés, on va dire !


Un zombie de Zombiology

Quelles étaient tes motivations initiales ?


Damien : Je souhaitais garder le contact direct avec le public du JdR, qui m'a toujours fait bon accueil, que ce soit en convention ou en vidéo. Le live en stream permet cela. Par ailleurs, je souhaitais aussi trouver du temps pour vraiment lire les jeux de rôle et pas juste les feuilleter et en rester aux impressions et aux hypes du moment. Enfin, je voulais aussi transmettre mes connaissances aux passionnés et aux jeunes générations qui veulent se lancer dans la création et la publication. À partir de tout cela, j'ai construit mes émissions. Elles répondent à mes attentes personnelles en fait, mais le truc formidable, c'est que plein de rôlistes les apprécient et sont fidèles au rendez-vous chaque semaine. 



Après avoir quitté le monde de l’édition, tu reviens avec un projet ambitieux : Zombiology. Peux-tu nous parler des spécificités de ton jeu ?


Damien : Je voulais publier mon propre jeu de rôle. J'ai ressenti un besoin d'écrire et d'essayer de tout faire, dans la mesure du possible. Je suis parti sur un jeu de genre, une boîte à outil pour explorer le genre zombie, que je trouve super intéressant bien au-delà des clichés qui circulent parfois dessus. J'avais également besoin d'un système à base de d100 qui soit moderne à mes yeux et surtout, permette de gérer des scènes de tensions propres à l'horreur et à la survie. Tension en termes d'action, de combat, mais aussi et surtout tension en termes psychologiques. 


Maintenant que Zombiology d100 System est écrit et qu'il a été playtesté par plusieurs centaines de joueurs et joueuses, je remarque que le système semble être un de ses gros points forts, avec de jets de dés en lecture directe fluides et riches en possibilités et une symétrie totale entre les aspects physiques et mentaux. Du côté de l'univers de jeu, la spécificité de Zombiology est de proposer une pandémie zombie mondiale qui aura lieu en 2029 et qui constituera une sorte d'univers à secret au gré des deux campagnes proposées dans les ouvrages de la gamme. Mais l'intérêt principal pour moi, ce sont les scénarios. Il y a un scénario one-shot et un épisode pour chacune des deux campagnes (une campagne bac à sable de gestion de communauté et une campagne storyline remontant à l'origine de la pandémie zombie de 2029) et tous sont playtestés, "prêt à jouer" avec un souci de présentation des informations très poussé, des idées de mise en scène, etc. Le but est de proposer une expérience de jeu haut de gamme si possible. 



Depuis quand as-tu ce projet en tête ?


Damien : Depuis de nombreuses années, mais le travail réel a commencé fin 2022, peu avant de lancer la chaîne Rôliskatonic. Au final, les concepts et les envies de départ n'ont pas changé, mais le processus créatif m'a amené à développer énormément de choses auxquelles je n'avais pas pensé initialement.  


Un zombie de Zombiology

À qui s’adresse ton jeu ? 


Damien : Le jeu fonctionnera avec tous les publics, je crois. Mais il aura une saveur spéciale pour les rôlistes confirmés, qui, je l'espère, trouveront un système de jeu et des scénarios qui sortent du lot. On a tous des tonnes de jeux de rôle, mais les systèmes playtestés et les scénarios du commerce prêts à jouer et apportant quelque chose qui sort de l'ordinaire ne sont pas légion. Je pense que ce sont ces rôlistes connaisseurs qui vont vraiment apprécier au premier chef toute l'attention aux détails dont bénéficie Zombiology. 


Sinon, le jeu intéressera évidemment les fans de zombies, de par son côté boîte à outil et son système de jeu, mais j'ai vu dans les playtests que les rôlistes pas forcément fans de zombies au départ se sont montrés très enthousiastes avec Zombiology. J'invite les rôlistes qui recherchent de bons scénarios contemporains fantastiques à être curieux envers Zombiology, même s'ils ne sont pas grands fans de zombies, notamment s'ils apprécient des références comme X-Files (pour le côté univers à mystère) ou Twin Peaks (pour les PNJ hauts en couleur et le travail sur les ambiances étranges). 



Est-ce ta première expérience en tant qu’auteur ? 


Damien : En tant qu'auteur seul, oui. Cela dit, on n'est jamais aussi seul qu'on le pense ! Je remercie mes groupes de playtest notamment. Et puis les retours de certains professionnels qui m'ont vraiment permis d'avancer et de proposer un jeu d'une bien meilleure qualité. Seul à décider à la fin, mais en collectif pour ce qui est des réflexions ! 



Sur ce projet, tu as aussi la casquette d’éditeur. Pourquoi avoir choisi l’auto-édition ? Est-ce que c’était important pour toi de maîtriser ton projet de A à Z ? 


Damien : Oui. Je voulais tout faire seul. C'était une envie forte, presque un besoin. Et il se trouve que l'auto-édition permet, quand on est capable de tout faire ou presque, d'atteindre des seuils de rentabilité plus facilement. Donc j'essaie de construire un modèle financier qui profite de ma capacité à gérer le projet de A à Z. Le revers de la médaille, c'est que c'est évidemment beaucoup de travail !! Mais j'ai adoré les heures passées sur ce jeu depuis trois ans. Il faut maintenant que le public réponde, pour que je puisse continuer !


Damien Coltice devant une affiche de Zombiology lors d'un salon

Ta campagne de financement participatif est un succès (+177%). Est-ce que tu t’y attendais ?


Damien : Pendant les trois années de conception, j'ai senti peu à peu qu'il se passait quelque chose autour du jeu. Les retours sont très enthousiastes, que ce soit sur le jeu, les scénarios et désormais sur l'Actual play dont les premiers épisodes sont disponibles sur ma chaîne. Néanmoins, je fais face aux difficultés de toute nouvelle activité d'édition : il faut se faire connaître, faire ses preuves, arriver à capter l'attention et inciter les rôlistes à dépasser les préjugés pour donner sa chance au jeu. Et là, c'est la jungle des crowdfunding, des sorties de plus en plus nombreuses, des éditeurs bien en place qui captent l'essentiel de l'attention et c'est bien normal. J'ai choisi une approche d'auteur-éditeur basée sur la qualité et un certain type de relation très direct avec les rôlistes et j'espère que le bouche à oreille va me permettre de toucher le public. J'ai prévu une gamme de cinq ouvrages pour Zombiology, et j'ai au moins deux autres jeux que j'aimerais publier ensuite. Pour moi, ce n'est que le début, mais tout est à construire et ce début est encourageant. Donnez-moi de la force financière pour avancer ! :) 



Ton jeu est 100% "human made". Quelle est ta position sur l’utilisation de l’IA dans le jeu de rôle ?


Damien : J'adore la technologie et je suis toujours admiratif du génie humain, mais l'IA nous confronte au pire de nos sociétés capitalistes. Je reste un fervent supporter des technologies qui étendent les savoirs (la médecine, la science en général) ou qui allègent le fardeau des métiers les plus rudes. Se pose la question écologique et énergétique (dont je ne suis pas un spécialiste) évidemment. Mais pour ce qui concerne l'édition de jeux de rôle, se pose la question de l'art. Pour moi, l'utilisation d'IA dans les publications de JdR ne présente aucun intérêt ! Car elle met de côté tout ce qui est plaisant et intéressant dans ce métier : l'expression de la singularité des individus dans leurs projets. L'IA générative sans passer par des artistes, dans ce cadre d'une publication, n'a pour moi qu'un seul intérêt : l'argent. S'il n'était pas question d'argent, personne n'aurait envie de déléguer un plaisir créatif. Je comprends l'attirance pour l'IA générative dans le cadre privé, du MJ chez soi qui a besoin de visuels ou de textes pour préparer sa partie. Mais, quand on publie une œuvre de jeu de rôle payante, si c'est pour faire ce que tout le monde peut faire avec une machine en quelques clics, quel intérêt les gens auront à l'acheter ou à payer le prix de la singularité ?


Le logo de Zombiology

Et pour aller plus loin et suivre toute l'actualité de Damien Coltice, rendez-vous sur le site Roliskatonic.


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