Sorti en 2022, Donjon & Procrastination, le petit Poucet français des jeux de cartes à collectionner a aujourd'hui fait ses preuves et est prêt à passer à la vitesse supérieure. En 2023, nous avions eu plaisir d'échanger avec les co-auteurs du jeu, Pomyad (Romwald) et Dice Club (Raphaël). Trois ans après, on prend les mêmes et on recommence ! Alors c'est quoi D&P en 2026 ?
À son lancement, Donjon & Procrastination, était un projet géré par deux personnes : Romwald (Pomyad) et Raphaël (Dice Club). Après quatre ans d’existence, l’équipe s’est-elle agrandie ?
Rom : C’est toujours la même base, Raphaël et moi-même mais avec des personnes qui gravitent autour pour aider sur certains points. Il y a toujours Jessica qui est là depuis longtemps pour relire et corriger les (nombreuses) fautes dans les cartes et les textes. Ma copine Laure m’est d’une aide précieuse sur du graphisme, des supports de com’ et diverses autres choses. J’ai récemment commencé à travailler avec une content manager pour me décharger de la gestion des posts de réseaux sociaux. Et surtout ma mère est toujours là en coulisses pour gérer les commandes boutiques, aider aux inventaires et être la force motrice de toute la partie manutention et emballage !
Vos vies professionnelles à côté de D&P ont-elles évolué ?
Raf : Je suis toujours game developer chez Asmodee principalement pour Unlock! mais aussi pour de nouvelles créations.
Rom : Pour ma part, ma vie professionnelle a évolué dès que j’ai commencé à travailler sur le projet. J’ai quitté le monde du cinéma d’animation pour gérer ce projet et c’est toujours le cas !
Quel regard portez-vous sur l’évolution de Donjon & Procrastination ?
Raf : Je suis vraiment fier de l'évolution du jeu. On a réussi à garder notre ADN et notre envie d'avoir quelque chose de simple et pas prise de tête tout en le rendant plus accessible pour du grand public. On a amélioré les formulations, les règles sont plus claires et en plus j'ai toujours du plaisir à jouer au jeu et imaginer de nouvelles cartes.
Rom : Je rejoins Raf là-dessus. Je suis très content de ce que le jeu est devenu et de la communauté qui le soutient depuis tout ce temps. Le jeu représente vraiment l’état d’esprit dans lequel il a été créé ! C’est fou de se dire qu’il a commencé avec 50 boosters de cartes de visites illustrées pour maintenant se retrouver en boutique.
Votre objectif initial était de créer un jeu simple et accessible : est-ce toujours le cas aujourd’hui ou le jeu a-t-il gagné en complexité ?
Raf : Le jeu est toujours aussi simple. Dès le départ on a fixé des règles pour ne pas tomber dans le travers de la complexité accrue. Mais évidemment d'autres séries se sont ajoutées et le jeu a gagné en profondeur avec plus de style de jeu et de combos possibles. Mais on a réussi à avoir des cartes qui ont toujours des effets rapides à lire et sans ajouter de mots-clés.
L’univers graphique de D&P a-t-il évolué depuis les premières séries ?
Rom : L’univers du lore de D&P a évolué, explorant de nouvelles contrées et dévoilant de nouvelles créatures, mais son univers graphique, lui, est toujours cohérent avec les premières séries. Il y a forcément une évolution visible, avec le temps j’ai pris plus de confiance dans certains dessins et je maîtrise encore mieux mon style. Les dernières séries ont parfois des illustrations plus poussées et j’en viens parfois à regretter la naïveté des premières.
Lors de notre première interview (en novembre 2023), l’autoédition et l’autofinancement étaient des choix forts au départ. Avez-vous envisagé des changements à ce niveau pour faire passer un cap à votre jeu ?
Rom : Ca n’a pas changé. J’aime faire en sorte que le jeu se suffise à lui-même et s’auto-finance. Depuis son lancement, il fonctionne avec le réinvestissement de ce qu’il engrange. Comme ça, pas de risque de se brûler les ailes !
Quelles ont été les plus grandes difficultés liées à la croissance du jeu ?
Rom : Justement les difficultés ont surtout été dans la gestion de la trésorerie et des stocks. La signature en distribution avec Néoludis m’a obligé à produire beaucoup de cartes et re-réfléchir les formats ! Ça a impliqué beaucoup de travail sur les packaging, pas mal d'accessoires ou de packaging à commander et surtout faire produire autant de cartes en une fois que tout ce qui a été fait depuis le début du jeu ! Mais je pense que le plus difficile dans tout ça, c’est la gestion du stress !
Avec le recul, y a-t-il une décision que vous referiez différemment aujourd’hui ?
Raf : On ferait tout différemment ! En trois ans on a tellement changé, vu tellement de choses avec le jeu que si on recommençait de zéro, on agirait pas du tout de la même manière. C'est en partie ce que la distribution par Néoludis nous permet, on a repris depuis le premier set et revu chaque carte avec un œil nouveau pour qu'elle corresponde à nos nouvelles exigences.
Rom : Je n’ai pas d’exemple précis en tête, en sachant ce que l’on a appris en faisant D&P, on ferait forcément différemment. Surtout sur des détails techniques, des fournisseurs, de la fabrication ou même sur l’organisation du process de travail. Mais je n’ai pas de regret sur comment a été fait le jeu !
Le marché du TCG laisse peu de place aux nouveaux arrivants. Comment expliquez-vous que D&P existe toujours après trois ans ?
Raf : C'est dur à dire, on était sûrement au bon endroit au bon moment. On a réussi à rencontrer des joueurs qui se sont reconnus dans nos envies. Mais c'est aussi possible que notre "longévité" soit aussi liée à notre manière de travailler. Nous avons toujours eu à coeur de faire les choses qui étaient à notre portée et jamais aller plus vite que nos capacités. Évidemment, on n'a pas fait un buzz international, mais ça nous a permis d'être solide sur nos appuis et d'être sûr que le jeu continue encore longtemps.
Qu’est-ce qui vous pousse à continuer l’aventure ?
Raf : Chaque nouvelle carte que Pomyad illustre est la raison qui me motive à continuer. Voir des idées prendre vie avec son style et trouver des effets qui fonctionnent avec ses illus, c'est toujours un plaisir et j'ai à chaque fois des étoiles dans les yeux grâce à lui.
Rom : Dessiner des cartes ! Toujours plus de cartes ! Faire de nouvelles choses cool avec D&P pour faire plaisir aux fans du jeu !
D&P va être distribué. Qu’est-ce qui va changer dans votre manière d’éditer et fabriquer le jeu ?
Rom : Le jeu reste évidemment en autoédition, je suis convaincu que s'il en est là aujourd’hui c’est grâce à ça. Comme je le disais plus tôt, la distribution implique des volumes de production qui sont tout autres. Cela m’a obligé à me rapprocher de fabricants et d’imprimeurs capables de garantir une qualité et une constance dans les tirages à plus grande échelle. Mais le plus gros changement dû aux volumes de fabrication c’est que ce n’est plus ma mère qui emballe tous les boosters à la main… C’est une machine !
Il y a trois ans, vous nous parliez de futurs idées pour D&P, dont un projet de JDR et l’organisation de tournois pour permettre à votre communauté de se rencontrer. Où en sont ces projets aujourd’hui ?
Rom : Le projet de JDR en est ni plus ni moins au même stade qu’il y’a 3 ans… C’est toujours quelque chose qu’on aimerait faire, mais il y a encore beaucoup de boulot sur le jeu format TCG ! Pour ce qui est de l’organisation d'événement, c’est justement ce qui me ravi le plus avec la nouvelle du lancement en boutique de D&P ! Ce sera plus facile pour la communauté de se retrouver et de participer à des événements dans leur boutique préférée. Nous avons même prévu un kit de tournoi avec tout ce qu’il faut dedans pour qu’une boutique puisse organiser un petit tournoi sans trop de prise de tête ;)
Parlez-nous de votre vision pour les prochaines années de Donjon & Procrastination. Comment voyez-vous le futur du jeu ?
Rom : C’est dur à dire, tout a déjà beaucoup évolué depuis 2-3 ans ! J'espère que le jeu continuera de plaire aux fans de la première heure tout en fédérant de nouveaux joueurs et nouvelles joueuses.
