Je décortique les jeux minutieusement pour vous montrer ce qu'ils ont dans le ventre : pour bien mettre en évidence les qualités et les défauts d'un jeu, je prends mon temps (quitte à le perdre !) pour proposer des revues ultra détaillées.
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« I see trees so green, red roses too / I see them bloom for me and you. / And I think to myself what a wonderful world… » A la découverte du titre du jeu de Frédéric Guérard, ce sont tout d’abord les paroles de la chanson de Louis Armstrong qui s’imposent à notre esprit. En 1967, dans un contexte troublé, celui de la ségrégation aux États-Unis et de la guerre du Vietnam, le jazzman sort de son répertoire habituel pour chanter la beauté du monde et les bonheurs les plus simples du quotidien. En 1987, le film Good Morning, Vietnam utilise « What a Wonderful World » pour sa bande-originale, dans une séquence qui juxtapose des scènes d’attentats, de guerre, de manifestations : les paroles se teintent alors d’une ironie grinçante. Le titre du jeu édité par la Boîte de Jeu et Origames revêt la même charge polémique puisque vous endosserez le rôle de Leaders qui prétendent agir pour le bien des citoyens alors qu’ils visent la domination sans partage du monde et des Hommes. It’s a Wonderful World vous plonge dans un univers dystopique uchronique et a de nombreuses histoires à raconter puisqu’en plus du jeu de base, les créateurs ont conçu des campagnes dites « Héritage » pour renforcer l’immersion. En novembre 2019, à la suite d’une deuxième opération de financement participatif sur Kickstarter, l’équipe a encore étoffé ce qui apparaît maintenant comme une véritable gamme ludique en ajoutant une extension au jeu de base, « Corruption et Ascension ». Quel beau parcours, en l’espace d’un peu plus d’un an, pour It’s a Wonderful World qui s’est forgé rapidement une belle réputation, remportant moins d’un mois après sa sortie, le Tric Trac d’Or 2019 et en janvier 2020 une nomination à l’As d’Or Expert ! Pourtant, Frédéric Guérard, l’illustrateur Anthony Wolff et les co-éditeurs ne comptent pas s’arrêter là puisqu’ils travaillent à étendre l’univers en transposant une partie des mécaniques qui ont fait le succès d’It’s a Wonderful World dans une version de fantasy médiévale pour deux joueurs, It’s a Wonderful Kingdom, dont le Kickstarter est prévu pour avril. La Boîte de Jeu et Origames ambitionnent-ils donc de devenir les Leaders incontestés du monde ludique ? Le développement de la gamme ne répond-il qu’à un désir bassement capitaliste de domination du marché ou faut-il cette fois prendre le titre au pied de la lettre et reconnaître qu’il s’agit de jeux merveilleux ?
Analyse ludique de l'ensemble de la gamme (jeu de base, extension et campagnes) à découvrir sur le blog "Jeu Perds Tout Le Temps" : https://jeuperdstoutletemps.com/2021/01/31/its-a-wonderful-world-frederic-guerard-la-boite-de-jeu-origames/
« I see trees so green, red roses too / I see them bloom for me and you. / And I think to myself what a wonderful world… » A la découverte du titre du jeu de Frédéric Guérard, ce sont tout d’abord les paroles de la chanson de Louis Armstrong qui s’imposent à notre esprit. En 1967, dans un contexte troublé, celui de la ségrégation aux États-Unis et de la guerre du Vietnam, le jazzman sort de son répertoire habituel pour chanter la beauté du monde et les bonheurs les plus simples du quotidien. En 1987, le film Good Morning, Vietnam utilise « What a Wonderful World » pour sa bande-originale, dans une séquence qui juxtapose des scènes d’attentats, de guerre, de manifestations : les paroles se teintent alors d’une ironie grinçante. Le titre du jeu édité par la Boîte de Jeu et Origames revêt la même charge polémique puisque vous endosserez le rôle de Leaders qui prétendent agir pour le bien des citoyens alors qu’ils visent la domination sans partage du monde et des Hommes. It’s a Wonderful World vous plonge dans un univers dystopique uchronique et a de nombreuses histoires à raconter puisqu’en plus du jeu de base, les créateurs ont conçu des campagnes dites « Héritage » pour renforcer l’immersion. En novembre 2019, à la suite d’une deuxième opération de financement participatif sur Kickstarter, l’équipe a encore étoffé ce qui apparaît maintenant comme une véritable gamme ludique en ajoutant une extension au jeu de base, « Corruption et Ascension ». Quel beau parcours, en l’espace d’un peu plus d’un an, pour It’s a Wonderful World qui s’est forgé rapidement une belle réputation, remportant moins d’un mois après sa sortie, le Tric Trac d’Or 2019 et en janvier 2020 une nomination à l’As d’Or Expert ! Pourtant, Frédéric Guérard, l’illustrateur Anthony Wolff et les co-éditeurs ne comptent pas s’arrêter là puisqu’ils travaillent à étendre l’univers en transposant une partie des mécaniques qui ont fait le succès d’It’s a Wonderful World dans une version de fantasy médiévale pour deux joueurs, It’s a Wonderful Kingdom, dont le Kickstarter est prévu pour avril. La Boîte de Jeu et Origames ambitionnent-ils donc de devenir les Leaders incontestés du monde ludique ? Le développement de la gamme ne répond-il qu’à un désir bassement capitaliste de domination du marché ou faut-il cette fois prendre le titre au pied de la lettre et reconnaître qu’il s’agit de jeux merveilleux ?
Analyse ludique de l'ensemble de la gamme (jeu de base, extension et campagnes) à découvrir sur le blog "Jeu Perds Tout Le Temps" : https://jeuperdstoutletemps.com/2021/01/31/its-a-wonderful-world-frederic-guerard-la-boite-de-jeu-origames/
« I see trees so green, red roses too / I see them bloom for me and you. / And I think to myself what a wonderful world… » A la découverte du titre du jeu de Frédéric Guérard, ce sont tout d’abord les paroles de la chanson de Louis Armstrong qui s’imposent à notre esprit. En 1967, dans un contexte troublé, celui de la ségrégation aux États-Unis et de la guerre du Vietnam, le jazzman sort de son répertoire habituel pour chanter la beauté du monde et les bonheurs les plus simples du quotidien. En 1987, le film Good Morning, Vietnam utilise « What a Wonderful World » pour sa bande-originale, dans une séquence qui juxtapose des scènes d’attentats, de guerre, de manifestations : les paroles se teintent alors d’une ironie grinçante. Le titre du jeu édité par la Boîte de Jeu et Origames revêt la même charge polémique puisque vous endosserez le rôle de Leaders qui prétendent agir pour le bien des citoyens alors qu’ils visent la domination sans partage du monde et des Hommes. It’s a Wonderful World vous plonge dans un univers dystopique uchronique et a de nombreuses histoires à raconter puisqu’en plus du jeu de base, les créateurs ont conçu des campagnes dites « Héritage » pour renforcer l’immersion. En novembre 2019, à la suite d’une deuxième opération de financement participatif sur Kickstarter, l’équipe a encore étoffé ce qui apparaît maintenant comme une véritable gamme ludique en ajoutant une extension au jeu de base, « Corruption et Ascension ». Quel beau parcours, en l’espace d’un peu plus d’un an, pour It’s a Wonderful World qui s’est forgé rapidement une belle réputation, remportant moins d’un mois après sa sortie, le Tric Trac d’Or 2019 et en janvier 2020 une nomination à l’As d’Or Expert ! Pourtant, Frédéric Guérard, l’illustrateur Anthony Wolff et les co-éditeurs ne comptent pas s’arrêter là puisqu’ils travaillent à étendre l’univers en transposant une partie des mécaniques qui ont fait le succès d’It’s a Wonderful World dans une version de fantasy médiévale pour deux joueurs, It’s a Wonderful Kingdom, dont le Kickstarter est prévu pour avril. La Boîte de Jeu et Origames ambitionnent-ils donc de devenir les Leaders incontestés du monde ludique ? Le développement de la gamme ne répond-il qu’à un désir bassement capitaliste de domination du marché ou faut-il cette fois prendre le titre au pied de la lettre et reconnaître qu’il s’agit de jeux merveilleux ?
Analyse ludique de l'ensemble de la gamme (jeu de base, extension et campagnes) à découvrir sur le blog "Jeu Perds Tout Le Temps" : https://jeuperdstoutletemps.com/2021/01/31/its-a-wonderful-world-frederic-guerard-la-boite-de-jeu-origames/
Dans Prehistories, le dernier jeu d’Alexandre Emerit et Benoît Turpin, vous mènerez vos guerriers à la chasse pour accomplir des exploits et les peindre fièrement dans votre grotte. Vous disposerez pour cela de votre mini-Lascaux que vous remplirez de polyominos : mammouths, bouquetins des montagnes, sangliers, viendront orner la caverne autour de la représentation du chasseur de votre clan. La mécanique de polyominos, héritée de Tétris, n’a rien de nouveau : popularisée en 2014 par Patchwork, d’Uwe Rosenberg, elle est devenue un vrai phénomène de mode (pensons cette année à l’Île des Chats, My City, Kingdom Rush, New York Zoo ou Calico… même les jeux dits « à cocher » s’y mettent puisque les zones à dessiner dans Cartographers sont bien des polyominos). Comme toujours lorsqu’une mécanique a le vent en poupe, cela peut à la fois susciter l’engouement comme l’ennui devant une uniformisation de l’offre : on se dit qu’il va encore s’agir de remplir au maximum un plateau personnel en optimisant chacun de nos choix. Les jeux de polyominos sont souvent proches du casse-tête et j’apprécie personnellement beaucoup cette dimension quand je joue, surtout si le défi me résiste. Toutefois, certains peuvent lui reprocher un certain manque de fun ou une trop grande abstraction. L’éditeur The Flying Games et son distributeur BlackRock font dans Prehistories le pari d’offrir une expérience familiale et rapide et de dynamiser cette mécanique : ont-ils réussi cet exploit ?
Découvrez l'analyse ludique complète et la réponse à cette question sur le blog Jeu Perds Tout Le Temps : https://jeuperdstoutletemps.com/2020/12/12/prehistories-theflyinggames-turpin-emerit/
Jouer à The Loop vous fera prendre des risques : vous ne pourrez pas tout contrôler car la machine temporelle est instable, rebelle. L’éditeur, les auteurs, l’illustrateur, tous ont aussi pris un risque avec ce jeu : celui de proposer un univers graphique et thématique totalement décalé, et de l’assumer jusqu’au bout. S’immerger dans le monde de The Loop, c’est prendre un plaisir « foo », et on sait que ce plaisir est là parce qu’il est à l’origine même du jeu. C’est une franche réussite de cette fin d’année, pas seulement parce qu’il est bon, pas seulement parce que j’ai envie de le ressortir encore, mais parce qu’il marquera les esprits par son identité exceptionnelle. Voilà un jeu qui résistera, j’en suis sûre, à l’épreuve du Temps.
Découvrez l'analyse ludique de The Loop sur le blog Jeu Perds Tout Le Temps : https://jeuperdstoutletemps.com/2020/11/25/the-loop-catchupgames-theo-riviere-maxime-rambourg/