Je vais commencer par un aveu : je n’ai jamais eu l’occasion de jouer à Bunny Kingdom. Oui, honte à moi ! Du coup, impossible de comparer cette nouvelle proposition à son prédécesseur. J’ai découvert Bunny Kingdom Town avec un regard totalement neuf, sans attentes particulières liées à la licence. Et finalement, c’était peut-être la meilleure façon de l’aborder.
L’univers est immédiatement attachant. Deux grandes familles de lapins cherchent à gagner les faveurs du roi en construisant la ville la plus prospère et la plus prestigieuse du royaume. C’est coloré, charmant et parfaitement mis en valeur par les illustrations.
La partie se déroule sur 4 manches composées d’une succession de phases de draft et de construction.
À chaque tour, tu choisis une tuile Bâtiment parmi celles qui te sont proposées avant de transmettre les autres (draft). Chaque bâtiment possède son propre coût, son niveau de prestige et parfois des effets qui viendront influencer ton développement.
Une fois ton choix effectué, tu peux construire un ou plusieurs bâtiments dans la ville, sur des emplacements prédéfinis, en dépensant les ressources nécessaires. Petit à petit, tes constructions vont former des quartiers composés de différents types de bâtiments.
Ces quartiers constituent le cœur du jeu. Lorsqu’ils sont activés, ils génèrent des ressources, de la renommée et surtout les précieuses Carottes d’Or qui servent de points de victoire. Plus tu arrives à combiner différents bâtiments prestigieux au sein d’un même quartier, plus les récompenses deviennent intéressantes.
Au fil de la partie, tu peux également fabriquer des améliorations qui viendront renforcer certaines stratégies ou optimiser le rendement de tes quartiers.
À cela s’ajoutent les cartes Requête, 1 de plus à chaque manche et parfois encore plus! Ces objectifs personnels rapportent des points en fin de partie et orientent souvent tes décisions. Certaines récompensent certains bâtiments, d’autres certaines configurations ou combinaisons spécifiques. Il faut donc constamment équilibrer développement immédiat et préparation du scoring final.
Le tout reste très accessible dans ses règles, mais cache finalement beaucoup plus de réflexion qu’il n’y paraît au premier abord.
Le nombre de tours est limité et chaque choix compte. Tu ne peux pas tout faire, tout construire ou récupérer toutes les cartes qui t’intéressent. Il faut constamment faire des compromis.
Choisir un bâtiment revient souvent à abandonner une autre opportunité. Prendre une carte objectif peut te faire renoncer à une construction importante. Développer un quartier peut retarder une stratégie qui semblait pourtant prometteuse quelques tours plus tôt.
Cette frustration est finalement très agréable parce qu’elle naît directement des choix des joueurs. À chaque partie, tu as l’impression que quelques décisions différentes auraient complètement changé le résultat final.
Visuellement, Bunny Kingdom Town est une vraie réussite. Les illustrations sont superbes, les bâtiments sont remplis de détails et l’ensemble dégage énormément de charme. Plus la partie avance, plus la ville gagne en « personnalité ».
Le matériel participe énormément au plaisir de jeu et renforce cette sensation de construire quelque chose qui nous appartient vraiment.
Bunny Kingdom Town a été une excellente surprise. J’y ai trouvé un jeu tendu, malin et particulièrement satisfaisant. Derrière son apparence accessible se cache une vraie richesse dans les décisions à prendre. Chaque bâtiment compte, chaque objectif peut faire basculer la partie et chaque tour demande de réfléchir à la meilleure façon de développer sa ville.
J’ai beaucoup aimé cette tension permanente entre optimisation, opportunisme et anticipation. Les parties sont rapides, mais elles donnent immédiatement envie d’en relancer une pour essayer autre chose.
J’apprécie également énormément le côté modulaire du jeu. Les différents scénarios proposent des mises en place initiales variées qui modifient légèrement la manière d’aborder chaque partie. C’est un petit côté scénarisé que je trouve toujours appréciable . Sans révolutionner les règles, il apporte suffisamment de renouvellement pour donner envie d’enchaîner plusieurs sessions et de se challenger sur chacune d’entre elles.
Les cartes Requête participent aussi beaucoup à cette rejouabilité. Elles sont nombreuses, arrivent tout au long de la partie et orientent régulièrement tes choix de développement. J’adore cette sensation de préparer discrètement son score pendant la partie avant de révéler ses objectifs lors du décompte final. Les écarts de points qu’elles peuvent générer créent souvent de belles surprises et entretiennent le suspense jusqu’au bout.
Et puis il y a évidemment les illustrations. Je sais que certains regrettent le changement de direction artistique (encore une fois je n’ai pas joué à BK premier du nom ) par rapport à Bunny Kingdom, mais pour ma part je suis totalement charmé du travail ici. Les cartes Objectif sont magnifiques, les bâtiments débordent de personnalité et les nombreux petits détails disséminés un peu partout arrachent régulièrement un sourire.